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Jean Louis CLADE - NATURE, HASARD ET ARBRES NOIRSNATURE, HASARD ET ARBRES NOIRS

 

Collaborateur : André Choteau, photographe
Éditeur : L'Atelier du Grand Tétras
Prix : 24€
Nombre de pages : 100 pages
Année : 2011

 

Le mot de l'éditeur : Pour la première fois, l'auteur délaisse l'histoire pour conter des histoires fantaisistes et fantastiques, des histoires qui n’existent pas. Et pourtant, quand la nature et le hasard se rencontrent, la vie des hommes se trouve confrontée à un environnement certes innocent, mais qui peut se révéler cruel.

 

Extraits

L’après-midi était beau. La pluie avait enfin cessé et les feuilles luisaient au soleil. Eric marchait d’un bon pas sur le sentier pierreux, évitant les passages boueux et les flaques d’eau. A cette heure de la journée, il appréciait la fraîcheur moite du sous-bois et la solitude des lieux, loin des chemins balisés. Il ne sentait pas le poids du sac sur ses épaules.
Etait-ce le vent léger qui murmurait sous les frondaisons ? Etait-ce le chant des feuilles qui s’égouttaient ? Eric n’entendait rien d’autre que le babil des oiseaux. Pourtant, la forêt entière marmottait, complotait.
Un  vieux chêne s’adressait à son voisin le hêtre, tout aussi chenu :
- Encore un humain…
-… Qui se comporte en maître.
- Nous constatons sa suffisance.
- Combien de temps devrons-nous encore supporter leur présence et leurs agissements ? ... ... ...

 

Châtiments

La nuit était tombée. La pleine lune éclairait l’esplanade d’une lumière céruléenne, laissant dans l’ombre les chênes bas et tordus qui l’entouraient. Trois scooters pétaradants envahirent l’espace et engagèrent une danse folle entre les bancs de pierre, sur le gazon coupé ras, croisant inlassablement les faisceaux de leur phare.
Et ce fut le silence, puis les rires des quatre jeunes gens. Ils ôtèrent leur casque et s’avancèrent vers la barrière qui marquait, au rebord de la falaise, la limite du belvédère.
– Génial ! lança la jeune fille.  
A leurs pieds, la ville développait ses lumières. L’orange incandescent des avenues divisait les quartiers où brillaient le jaune des immeubles et le rouge vif des enseignes publicitaires. Au loin, une ceinture presque obscure, inquiétante, assurait une séparation avec le ciel d’août constellé d’étoiles. La nuit était douce.

 

Jean Louis CLADE - NATURE, HASARD ET ARBRES NOIRS

 

Violation

La sécheresse durait depuis un mois. Samuel jugea que le moment était venu d’explorer la grotte aux Fées. La spéléologie était sa passion. Avec cinq de ses amis, tous spéléologues amateurs, ils remontèrent la vallée encaissée de la Chiole, marchant dans le lit du ruisseau presque à sec. Rochers et dénivelée rendaient la progression difficile, mais la forêt, qui s’accrochait aux versants abrupts, les protégeait de l’ardeur du soleil.
Cette cavité n’avait aucun intérêt. Aussi majestueuse que fût sa voûte, la vaste salle ne se prolongeait guère que sur une vingtaine de mètres. Voici quelques années, des chasseurs, qui s’étaient abrités des intempéries sous l’auvent de pierre, avaient déclaré avoir entendu des plaintes et des cris terrifiants, comme des appels désespérés, provenant des profondeurs. L’abri avait été alors envahi par une épouvantable odeur de cadavres. Depuis, personne n’osait plus s’approcher du lieu ... ... ...

Jean Louis CLADE - NATURE, HASARD ET ARBRES NOIRS

 

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