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Jean louis CLADE - JURA SANS FRONTIÈRESJURA SANS FRONTIÈRES

 

Éditeur : Mondo (Suisse)
Prix : Non vendu en France
Nombre de pages : 107 pages
Année : 2008

 

L'ouvrage a été réédité en 2008 et ... épuisé en 2008.

Un plein succès, mais la politique éditoriale des éditions Mondo n'autorise pas une troisième édition.

 

Le mot de l'auteur : En compagnie de photographes talentueux (et les photos sont nombreuses !), je vous propose une promenade pleine de charmes et d’histoire à travers notre beau massif jurassien en cinq chapitres.

 

Une introduction présente le massif dans sa globalité, la frontière et sa perméabilité, les hommes épris de liberté et leur géniale activité d’artisans.

Le chapitre premier nous fait parcourir les sommets en majesté, comme les vagues d’un océan.
Le chapitre second nous plonge dans la splendeur des lacs, miroirs et mystères du Jura…
Le chapitre troisième nous révèle la profondeur des forêts et les plaisirs de la vigne…
Le quatrième chapitre nous entraîne à travers les plateaux enfermés par le cours du Doubs…
Le cinquième chapitre nous offre une montagne apaisée en des terres de contestation…
En conclusion, nous montrons comment l’artisanat jurassien a su s’adapter aux exigences du monde moderne, tant dans l’industrie que dans les produits du terroir.

 

Existe une édition en langue allemande.

Quatrième de couverture : « Comme les vagues d’un océan, le Jura offre une floraison de sommets en majesté et les lacs sont le reflet apaisant d’une nature encore sauvage. »

(Jean-Louis Clade)

 

Par leur majesté et leur diversité, montagnes, lacs, forêts et rivières font du jura un inépuisable domaine d’aventures et de ressourcements.
Sur une carte de l’Europe physique, le Jura est facilement repérable : il a la forme d’un croissant qui s’étend du Rhône au Rhin sur quelque 400 kilomètres. De Bellegarde à Zurich, crêtes et dos ronds définissent de longues vallées, que partout traversent, comme pour briser l’indolence du paysage, gorges et cluses profondes.
Homogène, l’Arc jurassien ne l’est qu’en apparence, car une autre force y est à l’œuvre : les frontières. Nationales tout d’abord – qui séparent principalement la Suisse et la France-, cantonales et départementales ensuite, linguistiques et confessionnelles enfin, imprimant à toute cette chaîne une dynamique de cloisonnement et d’ouverture qui a forgé, au cours des siècles, des caractères et des mentalités bien contrastés.
Comme un refrain, on ne cesse de blâmer son climat rude et parfois inhospitalier ! Mais parcourir ces terres de hauts plateaux au fil des saisons est un réel enchantement. Dans des coins reculés, la nature, demeurée sauvage et impétueuse, prend soudainement des airs de toundra, et en hiver, sous leur manteau blanc, lorsque les combes glacées retrouvent les silences d’autrefois, c’est au Québec qu’on se croit.
Au cœur des « Joux », nom local donné aux crêtes boisées, une route sinueuse grimpe dans l’ombre et la fraîcheur, quand soudain jaillit la lumière qui annonce un sommet. Les petits lacs, aux eaux mystérieuses, rivalisent de charme dans de véritables écrins de verdure et en automne les brumes à leur surface dessinent des silhouettes troublantes à l’origine de nombreuses légendes.
Partout dans le Jura, comme le dit si bien le chanteur Romand Michel Bühler, un enfant de Sainte-Croix, « on est ailleurs à peu de frais, on se retrouve très loin de chez soi en à peine une fraction d’heure ! (…) On s’est senti, pour un moment, à l’autre bout du monde, et c’était un plaisir. On se retrouve en pays familier : c’est un bonheur ».

 

Jean louis CLADE - JURA SANS FRONTIÈRES


Sur une terre hostile, l’agro-pastoralisme condamnait le Jurassien à une vie médiocre. Loin de baisser les bras, il s’adapte. Il fait preuve d’ingéniosité. Pour occuper les longs mois d’hiver, il s’adonne à l’artisanat, notamment au tissage, à la broderie et à la boissellerie, transformant, petit à petit, la ferme traditionnelle en un atelier familial. Cette double activité lui permet non seulement d’améliorer son quotidien, mais lui ouvre l’esprit à d’autres horizons. Travailler à la lumière de la fenêtre, loin du bruit assourdissant des machines, facilite en effet la réflexion, permet de philosopher.
L’exploitation des modestes gisements de fer locaux et l’utilisation de l’énergie hydraulique débouchent sur d’autres activités. Toujours de façon artisanale, se développent tréfileries, clouteries et taillanderies. Habitué au travail minutieux, le paysan-artisan passe de la clouterie à la grosse horlogerie qui apparaît, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, à Genève et dans la principauté de Neuchâtel, puis dans la vallée de Joux, au Locle, à la Chaux-de-Fonds et enfin dans les régions de Vallorbe et de Sainte-Croix. De là, elle gagne le haut Jura français, à Morez et à Morbier, ainsi que le haut Doubs (Morteau) et Besançon. C’est dire la porosité de la frontière franco-suisse. Plus tard, Morez s’oriente vers la fabrication des montures de lunettes tandis que Septmoncel et Saint-Claude se spécialisent dans la taille des diamants ou des pipes. En revanche, la Suisse, tout comme le département du Doubs, reste fidèle à l’horlogerie.

Jean louis CLADE - JURA SANS FRONTIÈRES


 

La forêt occupe 42 % de la superficie de la Franche-Comté, privilégiant la montagne jurassienne avec des massifs importants comme ceux de Levier, de la Joux, du Risoux, de Noirmont, du Larmont…
En Suisse, les surfaces sont plus modestes. La zone montagneuse est en effet étroite, mais aucun secteur n’en est dépourvu, même les versant les plus abrupts. Les conifères dominent et donnent aux paysages un vert sombre qui tranchent avec celui, plus clairs des feuillus et des pâturages.
Jean louis CLADE - JURA SANS FRONTIÈRES

(Photo : Michel Loup)

Dans ces montagnes, les hommes travaillent, mais défendent aussi leur liberté. En 1848, alors qu’en Europe fleurit « le printemps des peuples », les Neuchâtelois chassent les Prussiens de leur sol et proclament la République. En 1991, ce sont les ouvrières du val de Joux qui s’opposent aux patrons horlogers pour le respect de l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes. L’esprit libertaire est toujours présent !

Au Chasseral, la montagne s’essouffle, mais le Jurassien  garde son caractère indépendant.
(Photo Roland Gerth)

En 1793, la France révolutionnaire annexe une partie des terres de l’évêché de Bâle et forme un nouveau département, celui du Mont-Terrible, englobant les régions de Saint-Ursanne, Délémont, Porrentruy, Laufon et les Franches-Montagnes, lesquelles avaient proclamé, en 1792, la « République libre et indépendante de la Rauracie». A la chute de Napoléon 1er, le Congrès de Vienne rattache ces territoires au canton de Berne, ce que les Jurassiens n’acceptent pas. Ils n’ont de cesse que de recouvrer leur autonomie, non sans mal en raison des oppositions. Enfin, en 1979, est constitué le canton du Jura, mais Laufon est rattaché à Bâle-Campagne tandis que le Jura sud reste aux mains des Bernois.
Quant à la commune de Vellerat, qui souhaitait intégrer le nouveau canton, elle va jouer les irréductibles face au refus de Berne. Elle engage le combat de «David contre Goliath» qui la conduira à se proclamer «libre» et qui durera plus de vingt ans puisqu’elle n’obtient gain de cause qu’en 1996. Qui oserait prétendre que les Jurassiens manquent de caractère ?

 

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